Avez-vous déjà pensé à baptiser le bébé de quelqu’un d’autre? Probablement pas. Pourtant, c’est exactement ce que je fais lorsque je crée un nom de produit, d’entreprise ou de marque. Je dois mettre au monde le projet qu’un entrepreneur a porté, souvent pendant plus de 9 mois. Pour y arriver, j’ai créé et optimisé une méthode qui apporte des résultats créatifs et pertinents depuis près de 15 ans.  Voici donc mes 12 étapes pour créer un nom de marque.

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1. Discussion de branding.

Chaque mandat de nom de marque commence par une rencontre d’environ une heure où je passe à travers mon questionnaire de branding. Le but est d’obtenir le plus d’information possible comme les valeurs, les forces, l’avantage concurrentiel, le public cible, les avantages des produits et les contraintes de création.

2. Validation du brief.

Cette étape vise à rassembler les informations importantes issues de la rencontre. Dans ce fichier j’inscris les éléments essentiels qui guideront la création comme la définition du produit, ses avantages, les publics cibles, les valeurs et la perception souhaitée.

3. Recherche sur le domaine et inspiration.

Je plonge tête première dans l’univers du client en lisant des articles de blogue, en visionnant des vidéos et en me perdant dans Wikipédia. L’idée, c’est de m’émerger de tous les concepts liés au domaine du nom à créer.

4. Création des champs lexicaux.

Les valeurs, les avantages, la description des produits et la personnalité du client regorgent d’informations que je dois creuser afin de découvrir des pistes créatives. Je crée donc un champ lexical pour chaque élément important. Par exemple, si le client mise sur l’authenticité, le champ lexical inclura les mots et expressions suivantes : vérité, honnêteté, pas de bullshit, être vrai, transparent, etc.

5. Inspiration dans des langues étrangères.

Dans la majorité des mandats, le nom doit être bilingue ou à consonance internationale. À cette étape, je reprends chacun des termes issus des champs lexicaux et je les passe dans Google Traduction. Les racines latines comme le latin, l’espagnol, l’italien et le catalan sont souvent inspirantes. Et bien sûr, l’anglais est incontournable.

Puis, lorsque l’on cherche un nom plus conceptuel, des langues telles que le népalais, le suédois ou le grec peuvent donner d’excellents résultats. Souvent, je ne prendrai pas le mot au complet, mais je garderai seulement un élément. Par exemple, en grec, nouveau s’écrit néos. Ce qui m’intéresse c’est la portion néo qui peut facilement s’accoler à un autre suffixe pour évoquer l’innovation, le futur ou la technologie.

6. Création d’un tableau de suffixes, préfixes et expressions.

Grâce aux champs lexicaux et à la recherche dans d’autres langues, j’ai recueilli plein de petits éléments qui peuvent être combinés pour créer autre chose. Voici un exemple issu d’un projet :

excelnova (i)Inn-ovolt (a)elec (k)
tektechni (o)optimax –i-oexper
genio (a)perfosystdevTal-ent
briowattenerqualifutur
néosproinventcontrolpanel
conexabsoluperfecpowertrust
equiskillbesttopnader
techniInno-vadevnoveffi
électroergiredisinstalfabrica
ideaalimpolyviatransfo
kvdis tribuboxgener 

Dans ce mandat, le nom retenu est la fusion de neo et de volt : Neovolt.

7. Brassage d’idées avec les préfixes et suffixes.

À cette étape, je découpe tous les mots et expressions et je les combine à la main. Dans l’exemple ci-haut, je découpe le terme excel et je le pose devant et derrière chacun des autres termes du tableau afin de créer quelque chose de nouveau. Chaque fois que je tombe sur une création intéressante, je le prends en note. Ici par exemple, j’ai noté exceltek, excelnova, conexcel, etc.

8. Temps de latence et premier tri intuitif.

Lorsque j’ai créé toutes les options possibles avec le tableau de préfixes et suffixes, je prends une pause. Je m’y replonge quelques jours plus tard. Parmi toutes les options notées, je souligne celles qui me sautent aux yeux comme des pistes prometteuses.

9. Validation de la disponibilité des noms de marque.

C’est ici que mon travail devient souvent frustrant car plusieurs bonnes idées existent déjà. Je fais d’abord une vérification de base dans Google pour m’assurer qu’il n’y ait pas 100 résultats de recherche avec ce nom. Puis je vérifie dans la Base de données sur les marques canadiennes et sur le Registraire des entreprises. Si mon client doit protéger son nom aux États-Unis, je valide avec le USPTO. Et finalement, je m’assure d’avoir une URL disponible sur Gandi que je préfère de loin à GoDaddy.

10. Validation de la qualité des propositions.

Afin de faire mon choix final à présenter au client, je m’assure que chacune de mes propositions de noms de marque respecte ces 6 critères.

  • Original. Il doit se distinguer des autres et se démarquer.
  • Court. Afin d’être facile à mémoriser et éviter les diminutifs.
  • Approprié. Le nom doit avoir un certain lien avec le service proposé.
  • Accessible. Il doit être facile à écrire et à prononcer.
  • Inspirant. En étant créatif, le nom permet de maximiser les communications.
  • Protégeable. Pour pouvoir enregistrer la marque de commerce.

11. Rédaction de l’argumentaire.

Je justifie chacune de mes propositions en expliquant pourquoi elles sont en lien avec les valeurs, les avantages du produit et la perception souhaitée. Je démontre la provenance du nom et ce qu’il évoque.

12. Présentation des noms de marque.

J’explique mon processus de création et toutes les étapes en rappelant les objectifs. Ensuite, je présente ma recommandation ainsi que d’autres propositions de noms en expliquant pourquoi j’ai fait ces choix.

Un processus éprouvé pour trouver un nom de marque.

Le temps de création d’un nom de marque s’échelonne sur 3 à 4 semaines et totalise entre 15 et 25 heures de travail selon la complexité du projet. Si le nom doit être libre de droits aux États-Unis, ça demande une étape supplémentaire de vérification en plus de diminuer le nombre d’options. Comme le temps de latence est important dans le processus de création, je travaille une période de 2-3 heures, puis je n’y touche pas pendant une journée. Souvent, c’est dans ces moments que je serai exposé à des idées qui m’amèneront sur d’autres pistes et enrichiront mon processus de création.

Toucher à l’ADN d’une entreprise, c’est ce que je préfère dans mon travail. Je suis chanceux, chaque année, je crée entre 10 et 15 noms de marque, d’entreprise ou de produit.

Si vous cherchez un concepteur-rédacteur publicitaire pour trouver votre prochain nom de produit ou pour créer le nom de votre entreprise, contactez-moi. Je vous guiderai afin de baptiser votre bébé avec un nom inspirant qui vous ressemble.

Exercice de fin d’année oblige, j’ai fait l’inventaire de tous les mandats réalisés en 2020. Premier constat : c’est varié et c’est le fun. Alors, pour ceux qui se demandent ce que fait un rédacteur publicitaire et web au jour le jour, voici la liste de mes contrats de la dernière année.

Types de projets de rédactionQuantité
Création d’un ton de marque3
Slogan publicitaire6
Projets de marketing RH (slogan de marque employeur, description de poste, publicité de recrutement, guide d’employé)22
Scénarisation de vidéo corporative et publicitaire17
Rédaction de billet de blogue19
Création d’un nom d’entreprise8
Optimisation de publication LinkedIn20
Rédaction d’infolettre7
Slogan de marque6
Conception-rédaction de carte des fêtes6
Optimisation de profil LinkedIn2
Conception-rédaction de publicités radiophoniques6
Création d’un nom de produit6
Rédaction de site web11
Animation de formation en rédaction web13
Rédaction de dépliant, feuille de vente et publicité imprimée10
Total des projets de rédaction155

Ce que 2020 m’a appris

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C’est le fun de ne pas diner seul à la maison. J’ai partagé tous mes lunchs avec ma femme depuis mars. Et j’adore notre routine d’aller marcher avec notre chien sur l’heure du midi.

Le marketing RH est plus présent que jamais. Les défis sont grands pour attirer et garder ses employés. Que ce soit avec une vidéo de recrutement, une campagne publicitaire,  une page carrière ou des offres d’emploi créatives, la marque employeur se déploie avec différents contenus.

– Donner un cours 100 % en ligne, c’est un défi. C’était une première pour moi. Le cours Rédiger efficacement pour le web, que je donne depuis  plus d’un an au Cégep de Limoilou a été présenté pour la première fois entièrement en ligne. Je compatis avec tous les enseignements qui doivent garder l’attention de leurs étudiants et se réinventer pour rendre leur contenu intéressant. Ça demande beaucoup d’énergie, mais en même temps c’est très valorisant.

Les mandats de branding se multiplient et j’adore ça. Cette année, j’ai créé des noms pour différents domaines. Une application web destinée aux programmeurs, une plateforme de réservation de condos, deux entreprises de coaching, un programme de formation en ergonomie, une clinique d’orthodontie et j’en passe. Chaque fois, c’est un plaisir renouvelé d’avoir la confiance d’un entrepreneur pour baptiser son bébé.

La solidarité entre entrepreneurs est très inspirante. D’ailleurs, j’aimerais souligner l’initiative de deux de mes clients : La Clinique RH et Contenus faits maison.

Dire non fait du bien. Refuser un mandat parce que le client ne partage pas mes valeurs, parce que le délai est irraisonnable ou le budget inadéquat me permet d’être plus en équilibre. Oui, j’ai dit non. Mais en faisant ça, je dis oui à ma santé physique et mentale. Et je continuerai de le faire.

Mon coup de cœur :

– L’équipe de Dalair le matin de la station de radio 91,9 Québec qui a continué à me faire sourire et rire chaque matin, avec une attitude positive. Leur authenticité, leur vulnérabilité, leur folie m’a permis de bien commencer mes journées.

Mon coup de gueule :

– Tous ceux qui ont oublié le sens de vivre en société qui est résumé dans la célèbre phrase de John Stuart Mill : « La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres ».